Qui est Alex Dorado ?

 

Publié initialement sur The Football Week
23 février 2026

Alex Dorado a construit sa carrière en développant des joueurs qui évoluent aujourd’hui dans les plus grands championnats européens. Avec plus de vingt ans d’expérience technique, dont six saisons au Real Madrid et un passage au sein de la sélection nationale espagnole, l’entraîneur espagnol associe une solide formation académique, une licence UEFA Pro et un Master en Sciences du Sport à une expérience de terrain acquise sur quatre continents.

Son parcours professionnel comprend une collaboration avec Rafa Benítez au Dalian Pro en Chine, avec Vesa Vasara au FC Honka en Finlande, et avec Stephen Hart au HFX Wanderers au Canada, avant d’assumer des fonctions d’entraîneur principal en Afrique du Sud et, actuellement, au Cambodge. Des joueurs formés sous sa direction représentent aujourd’hui des clubs tels que le Real Madrid, l’Atlético de Madrid, le Sporting CP, Getafe et Lecce.

La philosophie d’Alex Dorado repose sur le développement individuel à travers une méthodologie rigoureuse. Spécialiste de l’identification des talents et de l’application du big data au football, il construit des équipes avec une identité offensive claire fondée sur la possession, la mobilité et le pressing haut, tout en adaptant les principes tactiques aux caractéristiques des joueurs disponibles.

Parlant couramment espagnol, anglais et portugais, et étudiant actuellement le français, Dorado apporte une expérience multiculturelle qui facilite l’intégration de joueurs sud-américains, africains et asiatiques dans des contextes européens. Au Cambodge, il dirige une équipe compétitive qui a surpris les favoris du championnat, renforçant ainsi sa réputation d’entraîneur capable d’obtenir des résultats avec des ressources limitées.

Son ambition déclarée est de revenir en Europe, où sa formation technique a commencé et où il estime que sa méthodologie, éprouvée sur différents continents et niveaux de compétition, peut générer un impact durable.


Notre entretien exclusif avec Alex Dorado

Vous avez commencé à entraîner à 16 ans. Qu’est-ce qui pousse un adolescent à vouloir diriger des adultes sur le terrain ?

Tout commence dans l’environnement familial. J’ai grandi entouré de football, et je crois que tous les entraîneurs qui atteignent un certain niveau partagent cela. Une passion qui débute dans l’enfance, que ce soit en jouant avec des amis ou par influence familiale. Cet amour du jeu laisse une empreinte durable.

À 16 ou 17 ans, lorsque vous réalisez que votre avenir en tant que joueur ne dépassera probablement pas le cadre du plaisir et de la passion, vous cherchez une voie plus professionnelle pour rester lié au football toute votre vie. C’est là que cet amour prend forme et que la solution apparaît. Au fond, ce fut moins une décision rationnelle qu’une nécessité. J’avais besoin d’être sur le terrain d’une manière ou d’une autre. J’ai découvert que diriger, développer des joueurs et construire des équipes me comblait autant que jouer.


Six ans au Real Madrid à former des générations de joueurs. Quand vous voyez Gonzalo García au Real Madrid, Pablo Barrios à l’Atlético de Madrid ou Iván Fresneda au Sporting, que représente cela pour vous en tant que formateur ?

Pour moi, c’est la plus grande joie, le plus beau des trophées. Voir des joueurs passés entre mes mains, avec lesquels j’ai travaillé de près, réussir et atteindre les objectifs qu’ils s’étaient fixés.

Mais surtout parce que chacun des trois que vous mentionnez partage des valeurs. Des valeurs qui me représentent en tant qu’entraîneur et qui représentent la majorité des joueurs avec lesquels j’ai travaillé. La valeur du travail, du sacrifice, de l’humilité.

Ce sont des joueurs qui, très jeunes, étaient concentrés sur l’amélioration quotidienne et la progression personnelle. Ils n’étaient pas les meilleurs de nos effectifs au départ, mais ils se sont battus pour le devenir. Les voir aujourd’hui à ce niveau me rend très heureux.


Travailler avec Rafa Benítez au Dalian Pro vous a placé aux côtés de l’un des entraîneurs les plus analytiques du football moderne. Quelle est la plus grande leçon que vous appliquez encore aujourd’hui ?

Il y a deux leçons très claires que j’ai apprises et que j’applique chaque jour.

La première est comprendre l’environnement. La seconde est la gestion de tout ce qui entoure une équipe.

La première vient d’une phrase qu’il m’a dite en 2007, lors de ma première visite en Angleterre, quand je l’ai rejoint à Liverpool. Il m’a dit que la chose la plus importante en arrivant dans un nouveau club est d’abord de comprendre le pays, puis la ville, ensuite le club et tout ce qui l’entoure. Comprendre la culture footballistique de cet environnement. Pas nécessairement pour s’y adapter, mais pour en tenir compte dans les décisions futures.

La seconde leçon est d’avoir une vision globale du club. Le football ne repose pas uniquement sur ce qui se passe sur le terrain. Il repose sur un groupe de travail multifonctionnel. Les résultats sont la somme de nombreux facteurs. Comment se sent le joueur, comment nous gérons la relation entre le joueur et le club, ses besoins en dehors du terrain, le recrutement, les contrats, les salaires.

Il m’a appris qu’il fallait être conscient de tout ce qui se passe autour de l’équipe. Non pas pour contrôler de manière autoritaire, mais pour comprendre et prendre de meilleures décisions.


Vous avez dit qu’il est important d’agir à la fois comme manager et comme entraîneur principal. Comment équilibrez-vous ces deux rôles ?

En construisant des équipes de travail de confiance, à qui l’on donne la liberté d’exercer leurs fonctions, tout en leur transmettant une vision globale de ce que le club veut devenir.

La différence entre être seulement entraîneur et être manager, c’est comprendre que le club est un organisme. Le marketing ne peut pas fonctionner isolément du recrutement. Le département médical doit être aligné avec la préparation physique.

Il ne s’agit pas de tout contrôler, mais de savoir ce qui se passe. Cela permet d’anticiper les problèmes avant qu’ils n’explosent.


En Afrique du Sud, 75 % de votre effectif n’avait jamais joué professionnellement. Comment transformez-vous des joueurs inexpérimentés en athlètes compétitifs ?

Lorsque nous sélectionnons les joueurs, nous nous basons davantage sur des critères techniques et tactiques que sur le nom ou l’origine.

Nous recherchons des qualités spécifiques : technique, force mentale, attitude, désir de progresser. Le terrain décide. L’entraînement décide. Le passé du joueur ne décide pas.


Votre style est offensif. Comment adaptez-vous vos principes lorsque vous ne disposez pas des joueurs “idéaux” ?

Je crois qu’il existe des principes que chaque joueur peut exécuter, notamment défensivement. Offensivement, ce n’est pas toujours possible.

Les éléments clés de mon modèle sont le pressing haut et la possession. La possession n’est pas seulement un outil pour marquer, mais pour se positionner correctement et récupérer le ballon rapidement.

J’adapte toujours la possession aux caractéristiques des joueurs. Le modèle peut évoluer selon le moment.


Quel défi technique continue de vous motiver ?

J’ai toujours dit que je voulais travailler en Premier League. Beaucoup m’ont dit non.

J’ai toujours entendu des non. J’ai pris tous ces non et je les ai transformés en énergie. C’est ma batterie.

Mon objectif est de devenir entraîneur principal en Premier League. Et je suis certain que très bientôt, nous y travaillerons.

 

Suivre le parcours professionnel d’Alex Dorado ici